Il y a une dizaine d’années, nous avons été quelques réalisateurs et réalisatrices sélectionné(e)s pour participer à un stage avec Michèle Lemieux, sur l’écran d’épingles
d’Alexandre Alexeieff et Claire Parker. Nous avons tous eu un coup de foudre pour cet instrument, qui permet de produire des images en noir et blanc, qui ressemblent à de la gravure mais qui peuvent être animées. La gamme des gris est magnifique, le noir, profond et la matière semble d’une extrême douceur.
Avant de réaliser des films, j’ai étudié la gravure. Je ne pouvais être que séduite par cette technique qui renouait avec mes premiers travaux.
J’ai eu envie de faire, non pas un film narratif, mais une série de « gravures » animées qui partant d’une première image laisse la place à l’improvisation. Je monte ensuite ces « tableaux » avec toutes les variations que permettent les nouveaux outils de création et de
composition. L’œuvre « Des hommes qui marchent » est le fruit de ce travail et fera partie d’une installation au FRAC Picardie en 2027. J’ai travaillé sur le thème de la forêt et de ses usagers, réels ou fantasmés. Vers quels lieux marchent ces hommes, dans quels buts ? Ils avancent sans se soucier de ce qui se passe autour d’eux dans une boucle infinie. L’installation à Annecy se compose de deux écrans qui montrent les mêmes images, les unes étant des détails agrandis de l’autre.
Florence MIAILHE